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Et si ce que nous avions rejeté n’était pas Dieu, mais une image de lui ?
Il arrive que l’on cesse de faire confiance à quelqu’un sans l’avoir jamais véritablement connu. On a entendu parler de lui. On a vu ce que d’autres faisaient en son nom. Peut-être même a-t-on souffert entre les mains de ceux qui prétendaient le représenter. Alors, peu à peu, une conviction s’installe : on sait qui il est. On sait ce qu’il vaut. Et l’on préfère s’en éloigner.
Mais que se passerait-il si, un jour, on découvrait que celui que l’on avait appris à rejeter ne correspondait pas tout à fait à celui qu’il est réellement ?
Cette question devient troublante lorsqu’elle concerne DIEU.
Et si certaines personnes s’étaient éloignées de Lui non après L’avoir rencontré, mais après avoir découvert ce qu’on leur avait appris à voir en Lui ? Et si, derrière le refus de croire, se cachait parfois une histoire que personne n’avait pris le temps d’écouter ?
Ces questions ne rendent pas les blessures moins réelles. Elles n’effacent ni les abus ni les trahisons. Elles invitent simplement à regarder autrement une certitude que l’on croyait définitive.
Car il existe une différence entre rejeter quelqu’un pour ce qu’il est et le rejeter pour ce que l’on croit savoir de lui.
Et si cette différence changeait tout à notre manière de regarder DIEU ?
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David-Hosanna, de son nom civil Paterne David Kahoui, est un auteur ivoirien. Étudiant en master à Paris et engagé dans un ministère d’évangéliste, il accompagne des personnes dans leur cheminement et observe, de l’intérieur, les transformations comme les dérives de certains milieux religieux.
Il est l’auteur de Against Humanity’s Enemy : L’arme qui peut sauver le monde (Éditions Le Lys Bleu), un essai dans lequel il explore les mécanismes qui divisent et détruisent l’humanité, tout en cherchant ce qui peut l’unir, la reconstruire et faire de chacun un artisan de paix.
Avec Dieu a mauvaise réputation, il propose une réflexion indépendante sur une question à la fois simple et profonde : et si l’image de Dieu que nous avons reçue ne correspondait pas à Dieu lui-même ?

Dieu a mauvaise réputation est un essai chrétien accessible qui part d'une question dérangeante : quand quelqu'un rejette Dieu, est-ce toujours Dieu qu'il rejette ?
David-Hosanna avance une hypothèse : souvent, le rejet ne vise pas Dieu, mais une représentation de lui, héritée d'une histoire, d'une blessure, d'une figure d'autorité, d'une institution, ou de ceux qui ont parlé en son nom sans lui ressembler.
Pour l'éprouver, il fait dialoguer la théologie biblique avec la psychologie du développement (Winnicott, Bowlby, Rizzuto) et l'anthropologie religieuse africaine (Mbiti, Zahan), sans jamais quitter les textes ni les grandes figures qui portent sa réflexion. L'enquête est incarnée : elle prend naissance dans une expérience survenue à l'auteur à seize ans, son point de départ, non son sujet.
En six parties et vingt-quatre chapitres, le livre conduit du constat d'un manque humain jusqu'à la possibilité d'une relation vivante, en traversant les images qui font écran : le Dieu-comptable, le Dieu-policier, le Dieu-lointain. Il ne tait pas ce qui abîme : blessures religieuses, abus spirituels, logiques de performance, évangile de la prospérité. S'il les nomme, ce n'est pas pour condamner la foi, mais pour séparer Dieu de ce qui parle en son nom.
Un fil traverse l'ensemble : l'Époux qui court, image d'un Dieu qui n'attend pas qu'on le mérite mais fait le premier pas, et renverse l'ordre habituel de la rencontre.
Le livre s'adresse à ceux qui croient et s'interrogent, à ceux qu'une expérience religieuse a blessés, à ceux qui se sont éloignés, à ceux qui cherchent, et à ceux qui ne croient pas. Car derrière « Dieu existe-t-il ? » se cache parfois une question plus intime : et si le Dieu que j'ai rejeté n'était pas celui que je croyais avoir rencontré ?

Pourquoi le père court (parabole du fils prodigue, Luc 15)
Un homme de bien ne court pas en public dans la culture méditerranéenne du premier siècle. Bailey est formel, et ses sources sont précises. Courir est indigne pour un homme de statut. Courir implique de relever sa tunique pour ne pas trébucher, ce qui expose les jambes, une marque d'indignité visible par tous. Un père, un ancien, un patriarche de village, ne court pas. Les enfants courent. Les serviteurs courent. Les hommes de rang marchent.
Bailey pose alors la question que les lecteurs occidentaux ne se posent jamais : pourquoi court-il ?
Sa réponse est fondée sur une réalité culturelle précise que ses années au Moyen-Orient lui ont révélée. Dans les villages de la Palestine du premier siècle, quand un jeune homme avait dilapidé sa fortune chez des étrangers, et surtout en gardant des porcs, des animaux rituellement impurs, son retour au village était un événement chargé de violence sociale. La communauté pratiquait le qetsatsah : une cérémonie de rupture officielle. On brisait un pot devant le fautif, devant tout le village, en criant : Tu es coupé des tiens. Tu n'appartiens plus à cette communauté. Le retourné était ostracisé, humilié publiquement, exclu définitivement, avant même d'avoir pu ouvrir la bouche.
Le père court pour une seule raison : arriver au fils avant le village.
Pour qu'au moment où le fils franchit les premières maisons, ce que les villageois voient ne soit pas un traître honteux dans des habits souillés par la porcherie, mais un fils dans les bras ouverts d'un père qui a couru jusqu'à lui. Pour que le premier regard que le fils reçoive soit le regard du père, avant celui de la foule, avant celui de ses propres souvenirs, avant que la honte ait eu le temps de se fixer comme un verdict définitif.
Cette course coûte quelque chose au père. Elle lui coûte sa dignité sociale, visible, publique, irréversible. Il se rend ridicule aux yeux du village pour que son fils ne soit pas détruit par le regard du village. Il prend sur lui la perte de statut pour que son fils ne soit pas écrasé sous la perte de statut.

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