Vous pouvez soutenir ce projet en versant un montant libre et vous recevrez autant de contreparties correspondantes à ce versement.
Si vous souhaitez acheter une quantité précise de livres, merci d’indiquer un montant correspondant à la quantité voulue et de préciser cette quantité dans les commentaires de votre commande.
Chercheure en philosophie éthique et politique, je consacre mes recherches aux tensions entre l’enracinement et l’ouverture, entre la nation et l’international, entre le singulier et l’universel. Nourrie par la pensée africaine postcoloniale autant que par la tradition européenne, je cherche à comprendre comment les communautés politiques se racontent, se rencontrent, se protègent et se projettent dans un monde devenu imprévisible. J’ai écrit ce livre parce que la nation, trop souvent réduite à un vestige honteux ou à un refuge identitaire, me semble au contraire le dernier espace où l’éthique de la responsabilité peut encore s’incarner. Face à l’effacement des frontières et à la fragmentation du sens, il m’a paru urgent de proposer une autre voie : celle d’une nation-refondation, à la fois enracinée et ouverte, lucide et hospitalière. En ce sens, la nation doit redevenir l’espace d’une solidarité effective : sécurité alimentaire, accès aux soins, protection contre les aléas de la mondialisation. Ce n’est qu’à cette condition qu’elle pourra être perçue comme un rempart légitime contre les forces de fragmentation, et non comme une forteresse réservée aux privilégiés. Précisément, la nation-refondation ne se décrète pas ; elle se construit au quotidien, dans les civi-gestes et les institutions. Elle est une œuvre toujours inachevée, qui exige la vigilance de tous ses citoyens.
Je vous propose d'être acteur de la naissance de mon livre en m'aidant à faire de sa parution prochaine, avec les Editions Maïa, un succès. Plus les préventes seront nombreuses, plus mon livre sera promu et diffusé. En retour, vous serez présents dans le livre en page de remerciements et vous recevrez le livre en avant-première, frais de port inclus !
Votre paiement sera effectué en toute sécurité grâce à notre prestataire Stripe, qui vous garantit la fiabilité et la protection des données. Vos transactions sont chiffrées et vos informations bancaires restent confidentielles, vous offrant une expérience d’achat sereine et sécurisée.
Scholastique Bilaure NGOUMGANG TAHADOUM est une Docteure en philosophie de nationalité camerounaise dont les travaux, nourris aux sources de la pensée africaine et européenne, explorent avec finesse les questions morales et politiques de notre temps. Née le 10 janvier 1992 à Bafoussam, elle obtient en 2021 un Doctorat en Philosophie morale et politique en cotutelle entre l’Institut Catholique de Paris et l’Université de Dschang, avec la mention Excellent à l’unanimité et les félicitations du jury (Summa Cum Laude).
Son parcours de chercheure l’a conduite à séjourner dans plusieurs institutions de renom : à l’Institut Catholique de Paris (2025), sous la supervision du Professeur Bernard Bourdin, puis à l’Institute for Science and Applied Ethics de l’Université de Bonn, auprès du Professeur Heinrichs Bert. Ces séjours ont enrichi une réflexion déjà profondément internationale, initialement portée par la Bourse Erasmus Mundus Europhilosophie.
Ses axes de recherche se déploient avec une remarquable cohérence : philosophie morale et politique, éthique appliquée (notamment l’éthique de l’intelligence artificielle et la citoyenneté numérique), ainsi que les questions de civisme, de nationalisme et de cosmopolitisme. Elle a publié de nombreux articles dans des revues internationales et dirige actuellement un ouvrage collectif intitulé : « L’illusion de l’internationalisme », ouvrage collectif à paraître aux les Éditions Maïa Paris, tout en préparant une petite méditation morale sur la notion de sincérité qui paraîtra aux éditions Persée.
Elle est membre de l’« Ethics and Public Policy Laboratory » ainsi que de membre de la League des femmes philosophes africaines. Elle est actuellement enseignante et chercheure à l’Université de Dschang et Assistante Pédagogique à l’Université d’Orleans.

La Nation n’est absolument pas une relique du passé. Plutôt, elle est une forme politique en mutation forcée par la rencontre de ce qui relève de l’inter-national. Mais pour comprendre ce qui la menace aujourd’hui, il faut d’abord saisir ce qu’elle a toujours été : un « concept piégé ». Née de la volonté et de la raison chez les contractualistes, elle a été investie par le Volksgeist romantique qui l’a enracinée dans le sang et le sol, avant que Renan n’ouvre une troisième voie celle d’un « plébiscite de tous les jours » et qu’Arendt ne la définisse comme l’institutionnalisation d’un espace public où la loi, telle une muraille, rend la liberté possible. Ce concept hybride, à la fois réalité sociologique et construit politique, est travaillé par trois pièges : le piège de la définition (essentialisme contre volontarisme), le piège de l’illusion (la communauté imaginée d’Anderson), et le piège de la division (la fausse conscience dénoncée par Marx). Or, au cœur de ces pièges se referment aujourd’hui un double mouvement d’érosion. Par le haut, une classe managériale déterritorialisée, les anywheres de Lasch, s’affranchit du destin commun et laisse les « gens de quelque part » face à la néantisation de leurs identités. Par le bas, quand l’État ne protège plus, le pacte hobbesien se défait et la tribu resurgit : la loi d’airain de Dimi se substitue à la citoyenneté, la fragmentation mémorielle transforme chaque blessure en capital identitaire exclusif, et l’homo cocacolens de Ki-Zerbo erode toute capacité à faire société. Entre ces deux mâchoires, la nation risque de devenir une coquille vide à moins qu’elle ne se réinvente.
Le constat est clair : l’effacement de la nation ne mène pas à l’émancipation universelle, tout au contraire, à une désertification du sens. C’est là que s’ouvre la géopolitique de la refondation. Trois chantiers s’imposent. D’abord, le retour du territoire : contre l’illusion d’un monde « plat », la nation doit réactiver le Nomos schmittien la loi ne s’exerce que dans un espace approprié et délimité, et la frontière, repensée comme membrane, est la condition même de la liberté politique. Cela signifie autonomie stratégique, acceptation de la « rugosité » du réel, et ré-enracinement du citoyen, car « le besoin d’enracinement est le besoin le plus méconnu de l’âme humaine » (Simone Weil). Ensuite, face à la nécropolitique qui produit des vies « jetables » dans les périphéries du système-monde, la nation doit opposer une souveraineté de la vigilance : protéger sans exclure, veiller sur la fragilité de ses membres tout en restant poreuse à l’universel sortir du paradoxe immunitaire où trop de protection détruit la vie qu’elle prétend sauver. Enfin, dans l’ordre post-hégémonique, la puissance se mesure en capacité narrative : la nation dépossédée d’une partie de sa souveraineté matérielle doit reconquérir sa capacité à se raconter, non comme une forteresse assiégée, mais comme un projet ouvert, capable de porter un récit de puissance sans renoncer à l’exigence d’un ordre mondial pluraliste. La nation-refondation n’est ni un refuge nostalgique, ni une forteresse identitaire : elle est une matrice d’émancipation, le seul espace où l’éthique de la responsabilité peut encore s’incarner. Passer d’une nation-refuge à une nation-projet : voilà l’enjeu. Non pas se souvenir de ce que nous avons été, mais décider de ce que nous voulons devenir ensemble. Car la nation, comme l’individu, ne s’improvise pas elle est l’aboutissement d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements, et le projet toujours recommencé d’une liberté partagée.

On pourrait dire que l’ambiguïté de la nation réside dans son statut hybride : elle est à la fois une réalité sociologique et un construit politique. Pour ses critiques, la nation est « piégée » entre une définition prétendument objective (la langue, la race) et une réalité subjective (le sentiment d’appartenance), ce qui ouvre la porte à des instrumentalisations dangereuses. Il faut comprendre que la nation est une notion à triple ambiguïté ouvrant a une triple instrumentalisation et ce, dangereusement telle de la nation : le piège de la définition, le piège de l’illusion formé grâce à la critique constructiviste et la piège de la division à partir de la critique marxiste.
Dans le premier piège, la nation se présente comme un concept naturel et inné, un socle unique et naturel de l’organisation étatique, alors qu’elle est un concept hybride, fluctuant, et contradictoire. On a donc, ici, une définition prétendument objective (le côté naturel/ethniciste) et une réalité subjective (volontaire et civique). La conséquence que j’en tire à partir de la position de Renan est que puisque le côté subjectif (la volonté) est plus fort, la nation est fragile et perpétuellement révocable (« un plébiscite de tous les jours »). Le piège, ici, est de croire à sa permanence naturelle, alors qu’elle dépend d’un effort et d’un consentement constants.
Le second piège est soulevé par le constructivisme social : croire en la réalité tangible et en la profondeur historique de la nation. Comme communauté politique imaginée, les concitoyens n’ont aucun lien personnel direct, mais ils partagent une même image de la communauté. Il s’agit plutôt d’une illusion collective rendue possible grâce aux médias modernes. La conséquence que j’en tire et qui fait le cœur de ce second piège, c’est le fait de considérer comme vrai et réel ce qui est, au fond, une construction mentale récente et arbitraire. Cela masque le processus souvent élitiste par lequel cette « image » nationale a été créée.
Le troisième piège est celui de la division et se forge à partir de la critique marxiste. Il y a comme une instrumentalisation idéologique, une fausse conscience. Le piège ici réside dans l’idée de croire que l’on partage au même titre un intérêt commun avec tous les membres de la société (patron/ouvriers). Aux yeux de Marx et Engels, l’identité nationale est un outil créé par la classe dominante (bourgeoisie/capitalistes). Dans cette perspective, le sentiment national est utilisé pour diviser le prolétariat international, en faisant croire aux ouvriers qu’ils ont une terre-patrie et un ennemi étranger. Ce qui les empêche dès lors de voir véritablement leur liant prolétarien, leur véritable intérêt commun : la lutte des classes ainsi que la nécessité de l’unir au niveau mondial. Le piège est ici celui d’être aveuglé par le nationalisme et de se laisser détourner de la véritable lutte (économique et sociale), ce qui préserve l’ordre néocapitaliste et les structures de pouvoir étatiques.
La nation est loin d’être cette vérité simple à la saisie, elle est un concept complexe qui peut être facilement intellectuellement tripatouillée aux fins de légitimer la domination, masquer les conflits sociaux ou déguiser des constructions arbitraires en réalités immuables.
Je vous invite à participer aux étapes de la naissance de mon livre dont l'objectif de préventes est de 990,00 €. Chaque prévente apportera sa pierre à la réalisation des maquettes, de la correction, de l’impression, de la promotion médias et de la diffusion en librairies. C’est pourquoi je fais appel à vous, auteurs, auteures, lecteurs, lectrices, amoureux et amoureuses des mots ! Votre précommande permettra à mon projet de devenir réalité en bénéficiant d'une équipe de professionnels.
Apportez votre pierre à l'édifice