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Auteur passionné, ancien chef d'établissement scolaire et "rat" de bibliothèque, Alan - Bruno visite les siècles. Il propose aux lecteurs et aux lectrices des clés historiques qui éclairent le présent en ouvrant quelques portes de l'histoire. Rigoureux, ses écrits sont documentés et emportent le lecteur dans des aventures insoupçonnées. Alan - Bruno rappelle que seule la lecture d'un livre permet de rêver, d'apprendre, de se questionner et de figer des découvertes qui se transforment en connaissances.
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Alan - Bruno, ex officier puis ancien chef d'établissement scolaire du second degré, se caractérise par une rigueur que l'on retrouve dans ses écrits. Enfant de la République, il s'est engagé avec la vocation d'aider les jeunes à s'instruire, à se former et à réussir. Passionné d'histoire et de livres, il écrit avec un objectif pédagogique : puiser dans le passé des destins hors du commun ou éclairer des évènements par la lecture.

1533 est un roman qui se fonde sur la trame historique de la conquête espagnole en Amérique du Sud. Incas, mayas, aztèques et autres guerriers sanguinaires portant plumes et or... Sont figés dans le pêle - mêle d'une frise historique où peu d'entre nous peuvent les placer avec exactitude. Arrivés derrière Christophe Colomb en 1492, les Conquistadors ouvrent la route qui va les mener en quelques années au sud du Chili actuel.

"...Atahuallpa pensait qu’au sortir d’une guerre effroyable pour son peuple, il devait laisser venir les Espagnols en paix.
Francisco Pizarro montait vers Cajamarca. Ses hommes et lui avaient entendu le son inconnu d’une corne ou d’une trompe. Les guetteurs invisibles qu’il pressentait autour d’eux depuis l’océan se montreraient bientôt. Il ne pouvait s’agir que du signal de l’approche des Conquistadors.
Ils réalisèrent finalement que, dans ces montagnes escarpées, ils étaient très isolés. Loin des côtes, des renforts possibles et des plaines où la cavalerie pouvait charger l’ennemi au galop. Ici, Atahuallpa était sur son terrain. Ils étaient observés, mais ne pouvaient plus reculer. Ils étaient venus pour la richesse annoncée et la gloire de la conquête au nom du roi d’Espagne.
Pizarro reçut deux ambassades d’Atahuallpa. La première lui souhaitait la bienvenue en l’invitant à poursuivre, la seconde le dissuadait d’avancer vers de grands dangers… Pizarro repensa à cette méthode des messages contradictoires dont usa en son temps le roi aztèque au fur et à mesure de l’avancée de Cortès. Cajamarca ! La cité était implantée sur les hauteurs d’une riche vallée où s’étendaient des champs de coton. Face à la vallée : des jardins, des terrasses en espaliers, des fleurs, des cultures et…
Des centaines, peut-être des milliers de petites toiles animées par le vent : le campement des guerriers de l’empereur Atahuallpa. Stupéfaits de voir les cavaliers et les chevaux arriver en deux colonnes et au petit trot, capes et plumes au vent, couverts et armés, les guerriers se rassemblèrent autour des Conquistadors. Quels sont ces hommes habillés d’un métal brillant et montant ces hautes bêtes furieuses ? Les guerriers les entourèrent, des ordres fusèrent, ils s’écartèrent. Hernando De Soto, suivi de son escouade, entra dans une grande cour où se tenaient des dignitaires incas habillés de tocabos colorées. Les Espagnols ôtèrent leurs grands chapeaux et s’inclinèrent. Les seigneurs incas firent de même à l’égard de leurs visiteurs, puis ils s’écartèrent. Derrière eux se leva Atahuallpa. Il se dirigea vers les Espagnols. Hernando De Soto comprit immédiatement qu’il s’agissait de l’Inca, il s’inclina à nouveau...
Comble du raffinement, sur la tête des massues étaient incrustées dans le bois de petites pierres longues taillées et coupantes. Ils soulignèrent le très grand nombre de guerriers de cette armée victorieuse autour du palais de Konoj et rapportèrent la réponse de l’Inca. Elle traduisait son souhait de garder la décision et le contrôle sur toute action envisagée dans le royaume. Sa réplique laissait présumer que toute négociation avec ses conseillers et lui pourrait être difficile. Chacun regagna sa couche. Sans s’endormir. La nuit serait longue pour les Espagnols, qui craignaient une attaque imminente. S’ils voyaient l’aube, la manœuvre de Pizarro serait décisive. Demain, les Compañeros seraient victorieux ou écorché vif.
Rumiñahui était arrivé. Il s’entretenait avec Atahuallpa. Manqo et Yasca assistaient à l’entretien. Le général était défavorable à l’entrée de l’empereur dans Cajamarca. En soldat expérimenté, il proposait de faire venir le chef des Espagnols à Konoj. C’est lui qui devait se présenter à l’empereur !
Le monarque arriva en grande pompe. Trois cents Indiens vêtus de rouge précédaient le cortège impérial. Avec palmes et longues feuilles, ils balayaient le sol. Aucune salissure ne pouvait souiller les pieds de l’Inca. La cohorte était ensuite composée de guerriers portant des vases d’or et de la vaisselle d’argent.
De toutes les collines, les clameurs et les cris de guerre montaient. L’heure de la résistance avait sonné. En voyant Manqo II sur un cheval haranguant les guerriers, les Espagnols furent tout d’abord atterrés, démoralisés avant d’être complètement paniqués.
Dans son ignominie, Pizarro avait jeté son dévolu sur la princesse Quispe Sisa, sœur et épouse d’Atahuallpa. Pizarro l’avait enlevée et la retenait prisonnière à Lima. Il avait aussi enlevé la princesse Cuxirimay Occlo...
Manqo II se mit de côté. L’Indien petit et maigre, au regard de feu, s’approcha de l’oreille de Pizarro et lui murmura « souviens-toi de la Noche Triste ». Maintenant, suis — moi.
Au dernier étage des vieux espaliers retenus par les pierres, le lama blanc, le 24e lama, regardait vers l’est. Que voulaient dire ces lamas à chaque étage et regardants dans la direction de ce point cardinal ? Quelle était la particularité du 24e lama ? Il fallait être allongé au pied du rocher et face aux petites sculptures pour comprendre. Juan était le premier dans le petit couloir sombre, il marcha très lentement devant les niches en les éclairant de sa lampe, suivi par les autres qui restaient silencieux, comme hypnotisés et totalement apeurés par ce qu’ils avaient à quelques centimètres sous les yeux. Ils étaient éberlués.
Derrière la statue en or de l’animal, des vases, des couverts, des bijoux, des armes, des plaques… Sur le dos du lama, un vieux sac poussiéreux et troué était encore attaché. Une massue s’y trouvait. Oeil de pierre avait laissé l’une de ses armes comme un ultime avertissement… "
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