Par Christine DUTENT
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J'ai écrit ce récit de manière fortuite.
Bloquée de tous les côtés dans mon fauteuil roulant, j'ai voulu sauver mon cerveau.
Je ne pouvais pas tester les entraînements cérébraux par écrit. En braille, ce sont des jeux interdits.
C'est alors que j'ai commencé à écrire « CE QUE JE NE VOULAIS PAS ». J’y relate l’anéantissement de ma vie à la suite d’une catastrophe dont j’ai été victime le 4 avril 2019 sur la Place de la gare de Sucy en Brie.
J’ai pressé ma carapace invisible pour en extraire la racine du mal afin que s’écoule ma sève venimeuse sur la feuille de papier. J’en ai ressenti un grand soulagement. Mes mots ajustés sur le papier ont créé un mécanisme naturel qui a allégé ma surcharge mentale. Je peux désormais parler de mon accident sans émotion. Je peux aussi cracher ma rage causée par mes douleurs qui subsistent.
J’y fais jaillir toute l’horreur qui m’a coûté tant de frayeurs et de mal-être à l’hôpital où l’équipe médicale s’est chargée de ma reconstruction.
L’accident d’un instant. Des séquelles pour toute la vie.
Devenue polyhandicapée, j’y dénonce l’insuffisance de l’accessibilité du quotidien et la dictature du numérique aux dépens de l’interlocuteur.
Je vous invite à devenir acteur de la naissance de mon livre et à m’aider à en faire un succès avec les Éditions Maïa. Plus les préventes seront nombreuses, plus le livre sera promu et diffusé.
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En contrepartie, vous serez remercié(e) dans le livre (page de remerciements) et vous recevrez l’ouvrage en avant-première, frais de port inclus.
C’est pourquoi je fais appel à vous — auteurs, lecteurs, amoureux des mots : votre précommande fera passer le projet du rêve au livre, avec l’appui d’une équipe professionnelle.
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Très tôt, le médecin fait part à mes jeunes parents de son diagnostic me concernant : "votre fille a une déficience visuelle sévère irréversible ". A trois ans, je fais mes premiers pas dans la maternelle du quartier mais sa directrice se débarrassera de la petite fille que j’étais. " Vous n’en ferez rien " a-t-elle prédit à mes parents.
Orientée vers des établissements spécialisés, je poursuis ma scolarité jusqu’à y obtenir mon baccalauréat, série A5.
Dans la foulée, je trouve un premier emploi à la MACIF. Plus tard, j'ai le bonheur d'être maman de trois enfants.
Très chères lectrices, très chers lecteurs,
De mes dix-huit mois d’hôpital, il y a la vie d’après sauvée par la force de la fraternité.
Je vous invite à constater les empêchements qui entravent désormais ma liberté à cause d’un accident qui aurait pu être évité. Je veux que l’écho de ce drame résonne dans tous les esprits pour que chacun prenne conscience de la gravité de la conduite criminelle et de ses conséquences irréversibles.
Je vous emmène faire un tour sur la planète des personnes à mobilité réduite.
J’interpelle avec force chacun de vous à agir pour une accessibilité universelle de proximité.


Pour la petite histoire, je vous raconte les aléas de l'après-midi qui débuta par mon entretien avec le commissaire de Boissy-Saint-Léger.
Sur la route, Maxou est inquiet. « Est-ce que ça va maman » ?
« Oui, oui », lui dis-je en laissant échapper une rivière perlée de larmes.
Alors, mon Maxou me caresse tendrement le dos. Moi qui pensais pouvoir contenir mes pleurs en présence de mes enfants, eh bien, c’est raté.
« T’inquiète mon fils. Je préfère chialer maintenant. Tu sais, c’est comme une envie de pisser, j’anticipe. J’ignore ce que l’on attend de moi ».
Face au commissariat, sous des trombes d'eau, mon fils m’enlace et me fourgue dans mon fauteuil empiétant la chaussée car la place handicapée est barrée. Le plan Vigipirate est prétexté. Mon fils me roule jusqu'à l'entrée du poste le temps de rechercher une place de stationnement, alors l'appréhension et la contrariété favorisent la sécrétion de mes glandes lacrymales. Maxou revient vers moi. L’heure de l’entretien est respectée et il se déroule dans une ambiance sereine et courtoise. C’est déjà ça. Le commissaire commence l’interrogatoire. Il s’étonne de mon calme, rien d'étonnant pour moi, je me suis déjà vidée de toutes mes larmes. Malgré son insistance, je ne lui apprends rien à propos de la conduite du chauffeur de bus. « Je tentais avant tout de sauver ma peau. Vous imaginez bien que j’étais focalisée sur mon sort. Maintenant, j’attends le résultat de l’enquête. Quoi qu’il en soit, ma vie est foutue. La société TRANSDEV a des appuis dans le monde entier. Elle s’arrangera pour minimiser l’affaire » lui dis-je. Bref, je finis par signer le dépôt de plainte contre le chauffeur. La formalité accomplie, nous regagnons la sortie et, devinez qui est garé sur l'emplacement PMR ? ...un véhicule de la police. ! Qu'en pensez-vous ?
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