Par Bruno JEANDIDIER
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Quand le chemin « d’enfants en mal de parents » croise celui de « parents en mal d’enfants », le quotidien est joyeux mais aussi parfois périlleux pour que les uns et les autres puissent se forger une identité et se projeter dans l’avenir. En empruntant sa voix et à l’aune de ma propre mémoire et de mon imagination, j’ai essayé de tracer dans ce livre la ligne de vie parfois acrobatique de ce fils ainé que nous avions adopté sa mère et moi il y a près de quarante ans.
Tout être humain ressent le besoin de se sentir familier avec ses racines pour pouvoir revendiquer son identité et se projeter dans l’avenir. Pouvoir se reconnaître « fils ou fille de » est peut-être le préalable nécessaire pour se sentir légitime à devenir « Mère ou Père de ». Au-delà des manques, des doutes, des chagrins, seule demeure la confiance de l’enfant comme du parent dans la capacité à aimer et être aimé, à vivre « ensemble maintenant ».
« Illhéou », est une métaphore… et le nom d’un col pyrénéen où moi le « Père », pédiatre de surcroit, ai failli perdre la vie il y a quelques années. C’est peut-être la question posée, par tout père à son fils, par tout fils à son père.
Je vous propose d'être acteur et actrice de la naissance de mon livre en m'aidant à faire de sa parution prochaine, avec les Editions Maïa, un succès. Plus les préventes seront nombreuses, plus mon livre sera promu et diffusé. En retour, vous serez présents dans le livre en page de remerciements et vous recevrez le livre en avant-première, frais de port inclus !
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Pédiatre de 68 ans, toujours en activité en Seine-Saint-Denis, un département riche et fragile en raison des origines multiculturelles de sa population soumise à la précarité socioéconomique, j’accompagne depuis plus de quatre décennies les parents toujours en quête de l’enfant « parfait » …et les enfants en quête de parents « infaillibles ».
Père de trois enfants adoptés dans leur première année, issus de la génération « black/blanc/beur » de ce département, je tente de les accompagner depuis quatre décennies dans leur parcours parfois chaotique, parcours sans cesse parasité par leur questionnement sur la légitimité de leur histoire issue d’origines tronquées.

À l’origine ce livre est un banal témoignage d’une parcelle d’humanité. En empruntant la voix de ce fils maintenant âgé de quarante ans, et à l’aune de ma mémoire et de mon imagination, j’ai tenté de retranscrire dans un texte aligné sur sa chronologie, la vie de ce fils qui, comme son frère et sa sœur également adoptés, semble également avoir du mal à se projeter dans l’avenir ; comme si le fait d’avoir été adopté… et donc au préalable été « abandonné » (« confié à l’ASE en vue d’adoption ») le privait du sentiment de légitimité ; comme si la séparation ultérieure de ses parents adoptifs alors qu’il était adolescent était venue renforcer ce sentiment d’abandon et d’illégitimité. Il a fait la quête, tardive mais sans doute incontournable pour lui, de sa famille biologique. La rencontrer de celle-ci ne semble pas avoir apporté de réel apaisement. Au-delà de la simple narration fragmentaire de cette vie où j’ai abrégé toute la partie qui suis son adolescence, autant par respect de son intimité que par absence de mémoire partagée, transparait en filigrane tout le questionnement autour de la paternité et de la filiation, et donc sans doute sur ma propre légitimité. Celle-ci est surlignée par ma « fonction » de pédiatre depuis près de quarante-cinq ans. Paradoxalement je suis confronté depuis quatre décennies, au désir d’enfant, parfois blessé par la « non venue » de l’enfant désiré, parfois meurtri par la survenue d’un enfant handicapé ou gravement malade. Je suis confronté au mythe de « l’enfant parfait » que nous promet la technoscience qui se heurte heureusement à l’enfant réel bien plus riche que l’enfant imaginaire. Je suis confronté au mythe du « parent infaillible ». J’ai été investi du savoir et donc de la compétence que présumait ma fonction avant même de devenir père, alors que l’essentiel de ma compétence résulte de mon expérience acquise auprès de parents qui, à tort ou à raison, m’ont fait confiance, acquise auprès de mes propres enfants, fussent-ils adoptés. Le syndrome de « l’imposteur » n’était pourtant pas loin ! Et pourtant les épreuves dans la « filiation » dont j’ai été témoin voire acteur, tant dans ma vie professionnelle que ma vie personnelle, m’ont renforcé dans ma conviction que l’identité et l’avenir ne se forgent pas que dans les racines. Elles se forgent dans la confiance humble patiente et bienveillante dans le « vivre ensemble maintenant ». Pour savoir où il peut et veut aller, chacun a besoin de connaître un peu ses racines, mais surtout de savoir où il est. Seule la certitude acquise par l’enfant d’être reconnu dans sa différence peut le convaincre de sa capacité à aimer et être aimé… et donc à devenir lui-même parent à son tour.

Je joue avec Marie, la fille aînée du parrain de Yasmina ma petite soeur. J’aime bien Marie parce qu’elle est de mon âge et que je suis déjà parti plusieurs fois en vacances avec elle et nos parents respectifs. J’ai même fait du ski et de la luge avec elle l’hiver dernier à Morzine. Elle est un peu « commandeuse » mais elle rigole quand je fais le pitre pour l’impressionner. Nous faisons des acrobaties sur le portique du jardin. Elle m’interpelle sans que je m’y attende : « Dis Sofiane, pourquoi ta mère t’a abandonné » ?
Cela sonne comme une gifle. Je sens monter le fard vers mes joues qu’aucune paume n’est venue claquer. J’ai honte d’avoir été abandonné. Je fais mine de ne pas avoir entendu et me détourne m’apprêtant à m’éloigner. Marie ne lâche pas l’affaire et réitère sa question, les mêmes mots qui cinglent, la même voix curieuse sans aucune mauvaise intention, la même ponctuation et un blanc qui attend la réponse. Je me ressaisi. En me racontant mon histoire, leur histoire, devant mon album photo, à maintes reprises Mama et Papa m’ont expliqué d’où je venais et pourquoi mes premiers mois de vie ont été un peu différents de ceux de tous mes copains, de ceux de Marie qui est bien sortie du ventre d’Hélène, sa Maman mais aussi l’amoureuse de Jean-Michel son Papa. Alors je réponds ou plutôt je récite ce que Maman et Papa m’ont moult fois expliqué, justifié. J’avais bien enregistré le principe et les détails. Je les avais rangés dans un coin de ma mémoire au cas où, mais j’ai omis, renoncé, refusé, d’y réfléchir. Je me donne une contenance, j’adopte un ton professoral et sûr de soi.
« Ben tu comprends, ma Maman elle était trop jeune ; elle allait encore à l’école ; elle ne gagnait pas d’argent et n’avait pas de quoi me faire une chambre et me donner à manger ; alors elle m’a confié à la DDASS pour qu’ils cherchent une vraie Maman et un vrai Papa pour moi et la DDASS a trouvé Maman et Papa ; et pour Yasmina c’est pareil ». Mais je vois bien, j’entends bien, je me rappelle soudain que cette explication rationnelle ne suffit pas, ne tient pas.
« Ah d’accord… mais quand même c’est bizarre, pourquoi elle a fait ça ta Maman… ». Le clou s’enfonce un peu plus profondément dans mon cœur, dans ma mémoire. J’appellerai ben Maman et Papa à l’aide mais je dois demeurer grand et fort, surtout devant Marie. Il n’est pas question que j’aie l’air d’un moins que rien, d’un qui ne vaut pas le coup. J’essaie de garder contenance mais je n’ai qu’une envie, hurler la douleur que la flèche qui vient de me transpercer a provoquée, pleurer, crier à l’injustice, à la tromperie. Je n’ai plus le choix ; quand tout le monde sera parti, quand je serai seul dans ma chambre, seul dans mon lit, il faudra que je réfléchisse à tout cela, tout seul. Je n’ai personne à qui en parler ; surtout pas à Marie, de toute évidence elle n’y comprend rien, et d’abord comment sait-elle que j’ai été adopté …

Je vous invite à participer aux étapes de la naissance de mon livre dont l'objectif de préventes est de 990,00 €. Chaque prévente apportera sa pierre à la réalisation des maquettes, de la correction, de l’impression, de la promotion médias et de la diffusion en librairies. C’est pourquoi je fais appel à vous, auteurs, auteures, lecteurs, lectrices, amoureux et amoureuses des mots ! Votre précommande permettra à mon projet de devenir réalité en bénéficiant d'une équipe de professionnels.
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