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Le présent roman, Komma, est né d’une image nocturne : j’ai rêvé que je dormais, vêtue de haillons, sur la mousse dans une forêt. Je me voyais enfant farouche et pourchassée par … je ne savais qui.
Au réveil, j’ai commencé à imaginer cette enfant sauvage. Il m’a fallu du temps pour la faire exister réellement. Le danger était de refaire l’histoire de Kaspar Hauser ou pire, celle de Mowgli version Disney ; même féminisé, ça n’aurait pas été original.
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Je vous propose d'être acteur de la naissance de mon livre, en m'aidant à faire de sa parution prochaine avec les Editions Maïa, un succès. Plus les préventes seront nombreuses, plus il sera promu et diffusé. En retour, vous serez présents en page de remerciements (sauf avis contraire de votre part) et recevrez le livre en avant-première, frais de port inclus en France (DOM-TOM inclus) ! Merci de votre soutien dans la réalisation de ce beau projet.
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J’ai toujours aimé les mots et les arts mais je ne m’y adonne vraiment que depuis que j’ai pris ma retraite de « maîtresse d’école » et que je me suis installée à Avignon. Outre l’écriture, je pratique la danse, la peinture, la photographie et le théâtre.
Le présent roman est le dixième livre que je fais paraître. Ce sont en majorité des romans, mais j’ai aussi écrit des nouvelles et de la poésie.

Pour échapper aux pièges de la banalité, il fallait à cette histoire un cadre dans lequel l’insérer et un mystère des origines à élucider.
Des élèves de troisième, des gendarmes, des paysans un peu braconniers, une cabane dans les bois… voilà qui campe un récit pour la jeunesse ; mais une grand-mère à la poursuite d’un passé occulté et qui veille son petit-fils accidenté, voilà qui réconcilie les générations. Sortir du coma pour l’un, de l’amnésie pour l’autre, ça, c’est un programme !
Mon cher petit- fils, mon amour, tu es là, sur ce lit haïssable de l’hôpital qui est censé te secourir. Je te regarde, pâle, amaigri, relié à la vie par toutes sortes de tuyaux à toutes sortes de machines qui m’effraient et me rassurent en même temps. Mon chéri, mon doudou, mon complice, ils ont dit, les médecins, que tu ne te réveillerais pas de sitôt, que tu étais dans le coma…
Le coma ! mot terrible ; mais, tu sais qu’en allemand, Komma veut dire virgule ? tu es dans une virgule, mon chéri, tu te rends compte ? comment je peux y entrer, moi, dans cette virgule ? comment je peux t’y rejoindre ? Je regarde les écrans de contrôle : des lignes. Ça monte, ça descend, ça me rappelle certains cours de maths, tu te souviens des cours de maths, tu adores ça, les maths ! Pour ça, tu n’as jamais besoin de moi, pas comme pour l’orthographe. Excuse-moi, je ne voulais pas te ramener à ce qu’on considérait comme des faiblesses, autrefois. Il y a bien longtemps que ce n’est plus un problème pour toi, depuis la seconde, en fait. À l’échelle de ta courte vie, c’est récent, mais tu verras, quand tu auras quatre-vingts ans comme moi …
Je te regarde, immobile comme une statue, je te touche pour vérifier que tu n’es pas froid comme du marbre. Non, tu n’es pas froid, ta main est chaude comme quand tu prenais la mienne à l’inverse de notre habitude ; quand c’est toi qui es devenu plus grand et que tu m’as emmenée en promenade, tu te souviens ? Immobile, te voilà immobile, toi qui aimais tant danser, comme moi. Tu me feras encore valser, mon chéri, promets-moi que nous danserons encore tous les deux sous le regard interloqué des pisse-froid qui croient que les grand-mères doivent rester assises devant leur télé à attendre… attendre quoi ? La mort ? Il n’y a pas besoin de l’attendre, la salope, elle vient quand elle veut, sauf si des Jedi valeureux s’interposent…
Je suis le Jedi valeureux, elle ne t’emportera pas, c’est hors de question. Ils ont dit : parlez-lui pour maintenir le lien avec le monde des vivants. Ils sont bons, les docteurs ! parler à quelqu’un qui ne répond pas, ce n’est pas facile. Ton père trouve ça terriblement compliqué, ton frère ne sort pas un mot, ta mère, toujours brave, fait de son mieux, mais il lui manque du temps, elle est encore jeune et il faut bien travailler ! Alors, c’est à moi que revient cette mission héroïque : maintenir ton lien à la vie. J’en frissonne. Est-ce que je vais avoir assez de salive pour tenir sur la durée ? Tâche de revenir avant que la camarde se pointe au pied de mon lit, mon chéri !...
Ou alors, partons ensemble. J’espère qu’au Paradis, il y a des magasins Action où on pourra acheter des tas de bidules mécaniques ou lumineux, comme à l’époque où tu étais encore plus petit que moi. Tu te souviens de l’araignée mécanique qui faisait hurler de terreur ? Toi aussi, tu hurlais ; pourtant, tu l’avais achetée. C’était Halloween, quelle année ? je ne sais plus. Et toi, tu le sais ? Mais non, on ne va pas partir ensemble. Tu es si jeune, tu vas te réveiller, tu vas sortir du confort de l’entre-deux. Ni vivant ni mort ou plutôt à la fois vivant ET mort, comme le chat de Schrödinger. J’ai envie de rire, tout à coup : je pourrais écrire sur ma page Facebook : j’ai un petit-fils quantique ! la tête des « amis » !!! … mais je déconne, là. Il faut des rites, disait le renard du petit prince. Je suis d’accord. Revenir sur les rails de la vie, c’est revivre.
Je viendrai donc tous les jours à quatorze heures tapantes, je m’assiérai là, sur ce fauteuil impersonnel, et je te parlerai jusqu’à dix-huit heures. Ensuite, viendront à tour de rôle, tous ceux qui t’aiment ; et ils sont nombreux. Parents, amis, camardes de classe ou de conservatoire. Ils feront ce qu’ils pourront pour te parler, pour maintenir le fil de la vie, comme moi. Bon, on ne va pas se laisser abattre en imaginant le pire. Il n’y aura pas d’épidémie et je viendrai tous les jours de quatorze heures à dix-huit heures et je te parlerai, et si je suis à court de bavardage, je te ferai la lecture. Tu aimes lire. Je te relirai Maupassant, les Misérables, peut-être, pas les mangas, parce que je ne sais pas si tu peux imaginer les images. Imaginer les images ! tu en avais plein la tête, des images. Je ne sais pas ce qu’il en est quand on est dans la virgule du coma. Est-ce qu’on a des images ? Je fais la brave, mais je tremble au fond de mon cœur. J’ai peur de tomber en panne tout à coup, de ne plus savoir quoi te raconter ; le blanc, comme quand le texte du comédien se dérobe, une épreuve terrible. Ça m’est arrivé, je connais. Tu devrais me souffler, me dire, ce qui te ferait plaisir… mes amours ? tu rigoles ! il n’y a pas de quoi faire une saison télévisée. L’actualité ? je ne vais quand-même pas te lire le journal !
J’aviserai.

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