Par Véronique BRUNIN
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Passionnée de psychologie, d’art et de nature, domaines que je me plais à explorer sans jamais me lasser, je m’en inspire pour créer mes histoires, des récits qui ont tous un lien avec mes expériences de vie, avec ma vision des choses, mon regard sur le monde, les gens. Un regard non figé, plutôt mouvant, en évolution permanente selon les angles d’approche. Enfin, je veux que mes histoires puissent être des espaces où tout le monde trouve sa place, en toute liberté.
Je vous propose d'être acteur et actrice de la naissance de mon livre en m'aidant à faire de sa parution prochaine, avec les Editions Maïa, un succès. Plus les préventes seront nombreuses, plus mon livre sera promu et diffusé. En retour, vous serez présents dans le livre en page de remerciements et vous recevrez le livre en avant-première, frais de port inclus !
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Née à Grenoble, j’ai quitté la région à l’âge de dix-huit ans pour poursuivre des études de psychologie, un domaine qui m’a toujours fasciné. Outre l’activité que j’ai exercée ensuite, je n’ai jamais abandonné ma passion pour la création touchant les arts, tels que la peinture, la sculpture et l’écriture où tous les possibles de l’imaginaire peuvent librement s’exprimer.
Étant donc avant tout une artiste dans l’âme, lorsque je m’adonne à l’exercice de l’écriture, j’essaye de poursuivre, à travers les récits nés de mes observations, mes ressentis et mes expériences, ma quête de justesse dans la transcription des émotions et des mécanismes psychologiques qui sous-tendent la trame de mes histoires. Mon but est souvent de provoquer chez le lecteur une impression familière, celle d’un déjà ressenti, afin qu’il puisse voir, comme dans un miroir, cette part de lui-même qu’il n’a peut-être jamais pu observer vraiment, comprendre entièrement, reconnaître.

C’est justement suite à une expérience récente personnelle que j’ai décidé d’écrire cette nouvelle :
Ayant pu avoir la chance de louer la maison de famille appartenant à de riches propriétaires terriens ardéchois, entièrement meublée et pleines de toutes ces choses personnelles qui révèlent ce qu’ont été les personnes y ayant vécu, je me suis demandé dans quelle mesure vivre dans ce type de lieu habité n’exerce pas un pouvoir, n’a pas une incidence sur ce que l’on est, sur soi-même. À partir d’éléments réels et existants, j’ai donc décidé d’écrire une fiction dans laquelle j’ai voulu faire passer un message : la mémoire d’une maison, les traces qu’on laisse de soi à un endroit, peuvent parfois devenir ces entités vivantes et actives capables de montrer, d’influencer, d’interagir, à la condition de laisser ouvert son esprit et d’être attentif à ce qui nous entoure.
Thème du livre : La maison d’une autre ou la mémoire d’un lieu.
C’est une nouvelle en treize chapitres assez courts, permettant une immersion rapide dans l’histoire, avec une économie de détails, mais privilégiant la mise en évidence des ressentis intérieurs et des mécanismes des sentiments ambigus. Son originalité et son intérêt résident dans son approche simple et épurée dans la narration, où l’on peut, avec son propre ressenti, deviner entre les lignes tout ce qui n’a pas été écrit. Cette histoire peut presque se lire avec son corps plus qu’avec son esprit, être sentie comme on sent une atmosphère. Celle-ci pourrait ainsi s’adresser à un public sensible, intuitif, présent au monde, ou à toutes personnes ayant vécu, elles-aussi, de près ou de loin, une expérience similaire.
Enfin, cette nouvelle tend à montrer, de manière plus globale, que des lieux qui ont été habités, peu importe lesquels et par qui, gardent toujours en eux les traces invisibles et indélébiles, les stigmates des souffrances passées, les murmures suspendus de ceux qui ne sont plus là. Et que ces choses qu’on ne voit pas et qui pourtant nous parlent, sont certainement perçues parce qu’elles ont des messages personnels à nous faire passer. Y être sensible, réceptif, c’est peut-être savoir prendre conscience que l’on a toujours besoin d’apprendre sur soi à travers les autres, les choses, les événements.

La porte du fond du couloir.
Léa ne cessait d’y penser comme à quelque chose qui respirait. C’était une pensée absurde. C’était irrationnel. Les portes ne respirent pas. Et pourtant, elle avait commencé à entendre, ou à croire entendre elle ne savait trop quoi, de ce côté-là du couloir du premier étage, dans les moments de grand silence : les fins d’après-midi, les nuits sans vent, les matins trop tôt quand la maison était encore dans cet état intermédiaire entre le sommeil et l’éveil, n’ayant nul besoin de ses occupants pour être.
Elle attendit, sans savoir exactement ce qu’elle attendait. Le bon moment, la bonne solitude peut-être, ou cette certitude d’être enfin prête pour ce qu’il y aurait derrière. Elle se doutait bien qu’au-delà de cette porte close, se trouvait une pièce particulière. L’absence de clé dans le trousseau général, la manière dont Franck était passé devant sans s’arrêter lors de la visite, le mot bureau prononcé avec une légère inexactitude qui trahissait que ce n’était pas un bureau… Tous ces indices avaient créé dans son esprit un espace de possibles qui ne cessait de s’élargir.
La clé était dans le tiroir de la table de nuit. Côté droit.
Le côté d’Isabelle, avait pensé Léa, non pas par superstition, mais à cause de cette géographie sentimentale des couples qui attribuent à chacun son côté du lit avec une logique qui dépasse la simple commodité, qui dit quelque chose de profond sur qui dort face à qui, qui se lève en premier, etc…
Ce jour-là, elle ne put s’empêcher d’ouvrir le tiroir pour y prendre cette fameuse clé, laquelle, elle en était certaine, était celle ouvrant cette porte-là. Elle la garda dans sa poche pendant cinq jours, la toucha souvent, une manière de se tenir compagnie dans les moments d’hésitation, ou une façon de se demander si elle en était capable, ou les deux.
Le sixième jour, Mathieu prit la voiture pour Montélimar. Léa attendit que le bruit du moteur s’efface complètement dans la descente. Puis elle monta à l’étage.

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