Par Sergent André, Cléonis DELEUZE
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Mon nom est Vincent THOREL. Je suis l’arrière petit-fils d’André et je souhaite lui rendre hommage au travers d’un devoir de mémoire en retranscrivant et en publiant ses écrits entre 1939 et 1945. Ecrits qu’il a conservé à son corps défendant sur un petit carnet durant toutes ces années d’exil, d’emprisonnements et d’évasions. Mis à part quelques retouches de ponctuation et de mise en forme, le récit est totalement authentique. Il est issu du vocabulaire et du langage de mon arrière grand père humble ébéniste qui en fait sa force et toute son émotion.
Je vous invite à devenir acteur de la naissance de mon livre et à m’aider à en faire un succès avec les Éditions Maïa. Plus les préventes seront nombreuses, plus le livre sera promu et diffusé.
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En contrepartie, vous serez remercié(e) dans le livre (page de remerciements) et vous recevrez l’ouvrage en avant-première, frais de port inclus.
C’est pourquoi je fais appel à vous — auteurs, lecteurs, amoureux des mots : votre précommande fera passer le projet du rêve au livre, avec l’appui d’une équipe professionnelle.
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André, Cléonis DELEUZE est né le 1er juin 1906 à Saint Frézal de Ventalon, petit village des Cévennes, en Lozère et décédé le 6 février 1991 à Alès à l'age de 84 ans.
Il était sergent au 9ème régiment d’Infanterie et a été fait prisonnier le 11/06/1940 à EPOYE dans la Marne. Ceci est son récit issu de son carnet de guerre.
Ce livre existe pour porter témoignage historique des conditions de détention des prisonniers de guerre en 39/45 mais aussi pour comprendre les sentiments qui assaillent les prisonniers qui doutent en permanence de pouvoir survivre, d’avoir des nouvelles de leurs proches, de pouvoir revenir un jour chez eux et les serrer dans leurs bras.
Alors, ils se raccrochent à d’infimes routines du quotidien, à des corvées ou des missions sur des chantiers, à la solidarité permanente entre eux, à l’attente et au décompte des colis et lettres reçus quasi obsessionnel.
Ce livre s’adresse non seulement aux lecteurs et lectrices intéressés par les documents historiques mais aussi à celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre ce qui a permis à tant de soldats de tenir en pleine souffrance et de parvenir à s’échapper à 3 reprises de camps de concentration. Rien que ça ! Ce récit se veut aussi l’éloge de la résilience, du combat et de l’impérieuse mémoire collective.
Il doit être soutenu et encouragé afin que ce témoignage ne tombe pas dans l’oubli et, en ces temps obscurs ou le bruit des bombes et des bottes résonnent à nouveau aux 4 coins de la planète, rappeler ce qui nous lie et l’humanisme qui doit toujours être notre seule vertu.

21/05 :
Deux mois que je n’ai pas décrit ma vie de cloître ! Elle n’a guère changé. C’est toujours au camp que je suis, je travaille à nouveau aux cuisines comme éplucheur en compagnie de jeunes (d’Arles) destitués de chef de baraque !
Après trois mois sans nouvelles de ma petite famille, j’ai enfin reçu deux cartes-réponses voilà quelques jours. Nos estomacs aussi, en ont pris l’habitude. On nous a distribué quelques biscuits et une « boîte de singe » de France.
Les journées, les semaines passent et nous sommes toujours là. Des nouvelles contradictoires volent de bouche en bouche.
L’Italie aurait perdu 600 000 hommes prisonniers avec le « Duce » d’Aoste. Les alertes se sont succédées la semaine dernière. Il y a eu des départs de réformés le 2 mars dont un camarade : Sérignac de Clermont L’Hérault.
J’ai reçu des nouvelles m’indiquant qu’enfin il y en a un qui a tenu parole et a donné des nouvelles à ma chère petite famille ! …
Les cultivateurs aussi sont rapatriés, ceux de la zone occupée. C’est bien dur de les voir nous laisser là ! …
Seulement ces jours-ci le soleil se montre et il fait bon. Les arbres après les barbelés sont en fleurs et les feuilles commencent à pousser. C’est le printemps, pour nous c’est la prison.
On peut se demander ce que nous avons fait ! ! Des camarades plus chanceux partent chez eux avec leur femme et enfants. Sont-ils heureux ? Mais ils partagent les mêmes malheurs et les mêmes bonheurs !…
Ma chère Simone, ma petite fille a sans doute passé le concours des bourses et à tous les instants je pense à elle. Est-elle reçue ? Contente si oui ? Mais son petit père, si loin, qui marque ses impressions accoudé sur son lit, son grabat, ne sera que dans un grand mois le résultat de l’examen.
Toujours sans nouvelle des menuisiers ! Que font-ils ? Cela aussi me fait penser ! Que va-t-on faire ? Mais d’abord rentrer. J’ai été peiné d’apprendre la mort de madame Thimel. Elle avait tant fait pour moi… Elle est partie sans voir son fils, prisonnier lui aussi.
Et je pense moi : reverrais-je tous ceux qui me sont chers à mon retour ? Doit-on parler d’un second hiver ici ? Cela sera dur de s’y résoudre.
Aujourd’hui premières restrictions : les louches seront moins grandes et les seuls, uniques légumes (les patates) seront clairsemés. Si les miens mangent à leur faim, j’aurais moins de peine. Je souhaite revoir bientôt Jeannette et Simone.

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