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On parle des violences. Beaucoup plus rarement de l’après.
Ce livre explore l’angle mort : ces moments où tout semble normal, mais où rien ne l’est vraiment. Un texte sans leçon, brut, qui montre que le post-violence c’est aussi un dîner entre amis, des rires, et des pensées qui détonnent, un quotidien…sur adapté.
Parce que la violence ne s’arrête pas. Elle se cache dans les silences et les sourires.
Ce livre est le fruit de rencontres et d’accompagnements quotidien chez Allegria, d’échanges privés, d’expériences personnelles.
Je vous invite à devenir acteur de la naissance de mon livre et à m’aider à en faire un succès avec les Éditions Maïa. Plus les préventes seront nombreuses, plus le livre sera promu et diffusé.
Votre soutien finance la maquette, la correction, l’impression et la promotion.
En contrepartie, vous serez remercié(e) dans le livre (page de remerciements) et vous recevrez l’ouvrage en avant-première, frais de port inclus.
C’est pourquoi je fais appel à vous — auteurs, lecteurs, amoureux des mots : votre précommande fera passer le projet du rêve au livre, avec l’appui d’une équipe professionnelle.
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Raphaëlle Pallas Girardot est présidente fondatrice de l’association Allegria, dédiée à l’accompagnement des personnes victimes en situation de post-violence. Coordonnatrice et fundriser du Think Tank sur les conséquences économiques et sociales du post violence au long cours en collaboration avec les chercheuses de l’université catholique de Lille, elle écrit ici un texte sans fard ni moralisation.

Chaque scène du quotidien révèle une réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît. Les chiffres sont là pour illustrer.
Ce livre est né d’un constat : la violence ne s’arrête pas quand on part, quand on porte plainte ou quand on dit avoir tourné la page. Elle continue, discrète et latente, dans les interstices du quotidien.
J’ai choisi de mêler l’ordinaire et l’extraordinaire : le vécu de tous les jours et les chiffres ; ceux qui manquent, ceux qui ne changent pas, ceux qui existent encore. Le récit avance en deux temps, comme la vie de celles et ceux qui apprennent à composer avec les séquelles des violences.
Il s’adresse à tout le monde, parce que l’après-violence est aussi une histoire commune. Il rend visible l’invisible, pour toutes celles et ceux qui luttent aujourd’hui, et pour celles et ceux de demain. Nous sommes des millions.

« Un dîner chez des amis »
On est invités à dîner.
Je ne dis jamais oui tout de suite.
J’ai peur d’anticiper.
Anticiper, c’était ma technique de survie quand la violence était quotidienne : prévoir ses gestes, ses mots, ses silences. Tenter de deviner l’imprévisible pour limiter les dégâts.
Alors aujourd’hui, même pour un dîner, mon cerveau bloque.
J’attends, je temporise, je dis « je te redis ».
Et puis finalement, je dis oui.
Un oui hésitant, un oui qu’on regrette presque au moment où il s’envole.
Le jour arrive.
Toute la journée, je me demande pourquoi j’ai accepté.
Je me promets que ce soir je n’évoquerai pas l’asso, pas la justice, pas le post-violence.
Juste une soirée normale.
On sonne.
La porte s’ouvre.
L’appartement est impeccable : pas de Lego sous le canapé, pas de piles de linge en équilibre, pas de miettes coincées sous la table.
Ils ont même mis une nappe.
Je souris, je m’assois, j’essaie de rentrer dans le décor.
« Tu n’imagines pas, j’ai attendu une heure à la pharmacie pour avoir mon ordonnance ! »
Tout le monde compatit.
Je souris aussi. Dedans, ça grince.
J’aimerais répondre : « Moi aussi j’ai attendu, mais c’était au commissariat, avec mon jugement dans les mains. »
Je me tais.
Un autre enchaîne :
« La maîtresse est infernale, elle a mis un mot dans le cahier pour trois minutes de retard. »
Je hoche la tête.
J’aimerais dire : « De mon côté, je dois répéter chaque rentrée que le père n’a pas le droit de venir chercher les enfants, parce que le jugement, apparemment, ne suffit pas. »
Mais je bois une gorgée de vin à la place.

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