Par Véronica Kerzéa
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Bretonne d'origine, installée sur la Côte d'Azur depuis de nombreuses années, j'ai aussi beaucoup voyagé. Ces voyages m'ont appris que notre façon de voir la vie n'est qu'une parmi tant d'autres. Les personnes que j'ai eu la chance de croiser, avec leurs cultures, leurs vécus et leurs valeurs, ont souvent bousculé mes certitudes et élargi mon regard sur l'être humain.
Intriguée par la complexité de la nature humaine et parfois abasourdie par certains comportements, je me suis inspirée des rencontres qui ont jalonné mon parcours dans l'immobilier, tandis que mon imagination débordante a fait le reste pour donner vie à cette histoire.
Publier ce premier roman est l'aboutissement d'un rêve qui m'accompagne depuis longtemps avec l'espoir que cette histoire saura interpeller les lecteurs.
Je vous propose d'être acteur et actrice de la naissance de mon livre en m'aidant à faire de sa parution prochaine, avec les Editions Maïa, un succès. Plus les préventes seront nombreuses, plus mon livre sera promu et diffusé. En retour, vous serez présents dans le livre en page de remerciements et vous recevrez le livre en avant-première, frais de port inclus !
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Née en Bretagne, région très chère à mon cœur, j'ai grandi dans le Morbihan.
J'aime lire et écrire depuis toujours, la puissance et la magie des mots me fascinent.
C'est lors d'un stage en hôtellerie que j'ai découvert Cannes et la Côte d'Azur et je m'y suis installée quelques années plus tard.
Le monde de l'immobilier m'a ouvert ses portes un peu par hasard et j'évolue dans ce milieu depuis de nombreuses années.

Jusqu'où peut-on aller pour préserver les apparences, protéger ses intérêts ou assouvir son ambition ?
C'est autour de ces questions que j'ai imaginé ce roman, une fiction où se mêlent manipulations, mensonges, trahisons et jeux de pouvoir dans les coulisses d'une agence immobilière à Cannes.
Inspirée par des situations et des personnalités croisées au fil de mon parcours professionnel, cette histoire est avant tout une œuvre de fiction, portée par mon imagination.
À travers des personnages profondément humains, avec leurs forces, leurs failles et leurs contradictions, cette histoire invite le lecteur à s'interroger sur les mécanismes de l'emprise, les relations de pouvoir et les choix que chacun est amené à faire.
Mon roman s'adresse aux personnes qui aiment connaître l'envers du décor, les intrigues réalistes et les romans où la psychologie des personnages occupe une place centrale.
En participant à sa prévente, vous contribuez à faire vivre le rêve d'une autrice débutante et à accompagner la naissance de son tout premier roman.

À 8h58 précises, Valérie poussa la porte vitrée de l’agence.
Comme tous les matins.
Le petit grelot accroché au-dessus tinta dans un son clair, presque ridicule dans cet espace trop propre. Une idée de Jean-Pierre à l’époque, « pour humaniser le lieu ». Thierry avait voulu le retirer. Trop « provincial ». Trop « naze ».
Il était toujours là.
Uniquement parce que personne n’avait pris la peine de monter sur un escabeau pour l’enlever.
L’agence sentait déjà le mélange habituel : café réchauffé, papier, parfum entêtant… et ce fond légèrement poussiéreux que la climatisation recyclait sans jamais vraiment l’éliminer.
Valérie posa son sac sous son bureau, un caisson métallique gris rayé de coups, sortit son mug ébréché - “Keep Calm and Drink Tea” - et lança la bouilloire.
Rituel immuable.
Avant même que l’eau ne chauffe, elle jeta un regard circulaire à l’open space.
La pièce était spacieuse, éclairée par des néons blancs trop agressifs qui donnaient à tout le monde un teint légèrement malade. Des tableaux vieillots de Pissarro étaient accrochés sur les murs en marbre.
Les bureaux, identiques, formaient deux rangées impeccables. Écrans noirs, téléphones fixes, piles de dossiers qui semblaient se reproduire pendant la nuit.
Mireille était déjà installée, droite comme un i, en tailleur pantalon beige parfaitement repassé. Elle consultait ses mails avec une expression digne d’un conseil d’administration, les lèvres pincées comme si chaque message était une décision stratégique majeure.
Elle hocha vaguement la tête.
Didier, lui, était au téléphone, voix mielleuse :
- Mais bien sûr Madame, un bien comme celui-ci ne restera pas sur le marché…
Valérie traduisit mentalement :
Je vais vous mettre la pression jusqu’à ce que vous signiez n’importe quoi.
Jean-Michel, écran légèrement incliné, cliquait avec une concentration suspecte. Sa main bougeait trop vite pour un simple tableur.
Valérie n’avait même pas besoin de voir.
Encore un site porno… ou une paire de baskets hors de prix.
La bouilloire se mit à vibrer doucement, annonçant l’ébullition imminente.
Christelle entra en trombe à 9h03.
Le contraste était violent.
Lunettes de soleil sur la tête, parfum entêtant qui balaya instantanément l’odeur de bureau, sourire carnassier, talons aiguilles claquant sur le carrelage comme une déclaration de guerre.
- Salut les loosers !
Elle embrassa l’air, jeta son sac sur une chaise et alluma son ordinateur sans même s’asseoir.
Une tempête en robe moulante.
Valérie souffla doucement sur son thé brûlant.
Rideau. Acte 1.
Le bureau de Thierry était encore fermé.
Évidemment.
Sa porte en verre dépoli trônait au fond de l’open space comme une frontière invisible. On distinguait à peine l’intérieur : une silhouette de plante verte, le reflet d’un écran, et parfois une ombre qui bougeait.
Monsieur arrivait rarement avant 10h30, mais exigeait que tout le monde soit là à 9h00 tapantes.
Le respect, selon lui, était une question de hiérarchie.
Valérie consulta ses mails.
Douze nouveaux messages.
Dont trois marqués URGENT par Thierry à… 23h48 la veille.
Elle leva les yeux au ciel.
Urgent. Bien sûr. Le monde de l’immobilier de Cannes suspendu à un mail envoyé à minuit moins douze.
Elle ouvrit le premier.
VALÉRIE,
VOUS N’AVEZ TOUJOURS PAS TRAITÉ LE DOSSIER DUPRÉ.
INADMISSIBLE.
T.C.
Valérie cligna des yeux.
Elle avait traité le dossier.
La veille.
À 16h32.
Elle avait même envoyé un compte rendu détaillé, avec pièces jointes, tableau récapitulatif et relance client.
Elle prit une gorgée de thé.
Respire. Tu as un crédit immobilier. Tu as des enfants. Tu ne peux pas l’étrangler avec un câble Ethernet.
Elle répondit calmement, joignant le mail précédent.
Puis elle ouvrit le second message.
Même ton. Même accusation. Autre dossier.
Elle soupira.
Dix ans.
Dix ans à encaisser ça.
Dix ans à se demander comment un homme pouvait être à la fois aussi performant avec les clients… et aussi catastrophique humainement.
Un peu plus tard dans la matinée, le ronflement caractéristique d’un scooter remonta de la rue.
Silence immédiat dans l’open space.
Même Jean-Michel ralentit ses clics.
Thierry Surin entra à 10h30 précise.
Jean, baskets, chemise légèrement ouverte, cheveux impeccablement coiffés malgré une calvitie naissante, sourire de façade.
Le vieux beau en représentation.
- Bonjour, lança-t-il sans regarder personne.
Il traversa la pièce comme s’il marchait sur un tapis rouge invisible.
- Valérie.
Pas bonjour.
Jamais bonjour.
- Oui.
- Mon café.
Elle le regarda une demi-seconde.
Je suis assistante. Pas serveuse. Pas esclave. Pas…
- Tout de suite.
Elle se leva.
Parce que la vie est chère sur la Côte d’Azur.
Parce que les factures ne se paient pas avec de la dignité.
Elle entra dans le bureau.
L’odeur la frappa immédiatement.
Cigarette froide. Parfum trop fort. Et cette odeur indéfinissable des pièces mal aérées où l’on reste trop longtemps.
Le bureau était plus grand que les autres, évidemment. Mobilier sombre, fauteuil en cuir, écran dernier cri… et pourtant, quelque chose de désordonné. Des dossiers ouverts, un cendrier à moitié vidé, une tasse oubliée.
Elle posa le café devant lui.
- Vous avez vu mes mails ?
- Oui, j’y ai répondu.
Il ne leva même pas les yeux.
- J’espère que c’est traité correctement cette fois.
Valérie serra les dents.
- Comme d’habitude.
Il haussa légèrement les épaules.
- Mouais.
Elle sortit.
Referma doucement la porte.
Et intérieurement, elle applaudit.
Quel acteur.
Franchement.
Il devrait décrocher la palme d’or du Festival de Cannes tous les ans, celui-là.
En retournant à son bureau, elle croisa le regard de Matteo.
Le pauvre avait des cernes jusqu’au menton. Sa chemise était froissée, son col desserré, comme s’il avait déjà vécu une journée entière avant 10h30.
- Ça va ? murmura-t-elle.
Il esquissa un sourire fatigué.
- Super.
Traduction : au bord du burn-out.
Isabelle n’était pas encore arrivée.
Étonnant.
Ou peut-être pas.
Valérie jeta un coup d’œil à l’horloge murale, légèrement de travers.
10h32.
Puis à la porte du bureau de Thierry.
Fermée.
Un léger bruit.
Comme un rire étouffé.
Elle fronça les sourcils.
Puis secoua la tête.
Tu deviens parano.
Elle se rassit.
Reprit une gorgée de thé.
Et observa.
Comme toujours.
Parce que dans cette agence, il y avait quelque chose.
Quelque chose qui clochait.
Depuis longtemps.
Mais ce matin-là…
C’était différent.
Le rideau n’était peut-être pas aussi bien tiré qu’ils le pensaient.

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