Par Jean-Paul Jung
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Mulhouse à la fin de l’automne.
Fuyant une vaccination devenue obligatoire pour les plus âgés à cause d’une énième pandémie, un ancien
membre de l’unité d’élite de la police nationale s’enfuit en Suisse pour y échapper. Il se rend dans la
ferme de sa défunte épouse dans le Bas-Valais. Lorsqu’il arrive sur place il découvre le cadavre de la
cousine qui occupait encore la ferme. Doit-il prévenir les autorités alors qu’il est recherché en France ?
Il mettra la main sur des documents compromettants et, de fil en aiguille, va plonger dans le passé trouble
de cette cousine et de son entourage...
L’auteur se plonge dans les méandres d’un espionnage industriel perpétré à la fin du siècle dernier au détriment de l’économie de toute une région de la confédération helvétique, et ce au profit d’une nation amie, et d’une autre avec une économie alors en devenir.
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Après plus de quarante années passées dans les bureaux d’études de sociétés chimiques et pharmaceutiques de renommées mondiales, je suis à la retraite depuis quelques années.
En hiver les journées ne sont pas bien remplies, les activités et les sorties se font plus rares. Alors quoi de mieux que de se (re)mettre à l’écriture, et pourquoi pas un roman ? Après de bons retours de la part de mon entourage, je me décide à le faire publier. Trouvera-t-il un accueil favorable auprès des lecteurs ?

Peinture à l’huile de l’auteur représentant les Dents du Midi dans le Chablais valaisan
Fermoyle, comté de Kerry, République d’Irlande, Jour 19
Après le petit déjeuner Jeff décide de se rendre sur le terrain de golf situé à 4 kilomètres de là avec le vieux Land Rover de couleur sable. Comme il fait beau, enfin tout est relatif, nous sommes au début de l’hiver, il décide de ne pas capoter. Le barbouze quant à lui préfère le rejoindre par la plage, l’inactivité lui faisant prendre de l’embonpoint, il déteste cela et de plus il adore fouler le sable les pieds nus malgré le vent assez fort, heureusement que celui-ci le pousse dans le dos. Ceci dit il n’arrive pas à comprendre comment Jeff peut prendre plaisir à taper dans une balle qui de toute façon verra sa trajectoire déviée par ce vent !
Castlegregory est un golf 9 trous situé sur une bande de sable entre l’océan et un petit lac alimenté par de l’eau douce. Sa proximité avec la mer lui confère un climat clément et le préserve des gelées en hiver. Au fur et à mesure que le barbouze s’en rapproche celui-ci se rend compte que ce n’est qu’une succession de petites dunes de sable recouvertes de végétation alternant entre herbes folles et gazon impeccable.
Il ne lui aura fallu qu’une vingtaine de minutes pour l’atteindre. Il y a très peu de monde de si bonne heure, il n’y a que deux voitures sur le parking, celle de Jeff et un fourgon noir. En quelques enjambées le barbouze a déjà rejoint le nouveau club house. Il y entre mais comme il n’y a personne à l’intérieur il en ressort aussitôt et en fait le tour, mais pas de Jeff à l’horizon. Comme il n’y a pas un seul arbre à haute tige à des kilomètres à la ronde il se dit qu’il va bien l’apercevoir sur le terrain. Il grimpe sur la butte la plus proche mais il ne voit personne. Le terrain est certes vallonné mais les creux et les bosses n’ont pas de quoi dissimuler un homme debout. Allongé au sol oui, aurait-il fait un malaise alors ? Il explore le terrain autour du trou numéro un et se dit que Jeff n’a pas eu le temps d’aller bien plus loin car il n’avait qu’une dizaine de minutes d‘avance sur lui. A ce moment-là le fourgon quitte le parking alors que le barbouze n’a vu personne aux alentours. Il décide de se rendre sur ce parking qu’il avait court-circuité tout à l’heure pour aller directement vers le club house. Quand il arrive à hauteur de la vieille Land Rover il se rend compte que le sac de golf et toutes les affaires de Jeff sont encore sur les strapontins à l’arrière et que la clé de contact n’a pas été retirée.
Villars-sur-Ollon Jour 19
Après avoir aidé Jacqueline hier à dégager la cour de l’épaisse couche de neige tombée dans la nuit, Michel l’accompagne aujourd’hui dans une jardinerie de Monthey pour acheter un sapin de Noël. Cela faisait bien longtemps qu’il n’en avait plus acheté lui-même, en fait depuis le décès de Yolande. Ce n’est pas pour lui déplaire et cela lui change les idées. Mais avant de se rendre dans cette jardinerie Michel demande à Jacqueline si cela ne la dérangeait pas de faire un détour par Morgins, il a une idée derrière la tête. Elle accepte avec enthousiasme car elle voudrait bien évidemment voir cette ferme, même si d’après Michel ils ne pourront pas y entrer.
La route de montagne est bien dégagée jusqu’à Morgins mais le chemin qui mène à la ferme ne l’est pas. Heureusement que le véhicule de Jacqueline est équipé de 4 roues motrices, condition sine qua non dans ces contrées pour un médecin devant se rendre sur son lieu de travail. D’ailleurs ils sont passés tout à l’heure devant l’hôpital où Jacqueline travaille, à la sortie de la ville, sur la route qui mène à Morgins. La progression dans la neige se fait doucement mais sûrement, Michel se rend compte que Jacqueline maîtrise bien la situation.
Arrivés devant la ferme où l’épaisseur de la couche de neige est plus conséquente, les deux sortent de la voiture et Michel fait le tour de la bâtisse en compagnie de Jacqueline tout en lui donnant des explications. Ils laissent de grandes empreintes dans la neige épaisse, jusque sur l’escalier qui mène à la porte d’entrée. Le vent a accumulé des congères sur le grand balcon rendant la montée difficile et de toutes façons les volets sont fermés, pas moyen de montrer l’intérieur de la cuisine à Jacqueline qui souhaitait y jeter un œil.
Ils font demi-tour et Michel emmène Jacqueline vers le garage où il avait entraperçu des plaques minéralogiques lorsqu’il était allé chercher l’échelle pour accéder à la grange. Le petit 4x4 Suzuki est toujours là. Dans le fond du garage il aperçoit les plaques dont les extrémités dépassent d’une pochette accrochée au mur. Bien qu’elles soient à l’envers Michel avait tout de suite vu que ce sont des plaques minéralogiques quand il avait cherché l’échelle. Il a eu tout le loisir d’y réfléchir entre-temps et en est venu à la conclusion qu’elles ne pouvaient être que celles de la Ford Mustang entreposée dans la grange et qui en est dépourvue.
Il les sort de la pochette en cuir et les retourne. L’immatriculation est valaisanne, en l’occurrence VS suivi de 6 chiffres. Comme il n’a pas trouvé de papiers d’identification dans le véhicule il pense retrouver facilement le propriétaire à l’aide des plaques. Tous les cantons romands permettent en effet la communication de ces données en lien avec un numéro de plaque d’immatriculation sans avoir ni à s’identifier, ni à s’en justifier, il s’est renseigné. Il photographie les plaques et les remet à leur place puis referme la porte du garage et va rejoindre Jacqueline qui est déjà allée s’asseoir dans la voiture car la neige recommence à tomber.

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