Par Razis METLAINE
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Écrire pour l’écran comme pour la scène, c’est avant tout capturer le vivant. Auteur naviguant entre la fiction télévisuelle et cinématographique, je nourris ma plume d’un amour profond pour le théâtre et les arts de la scène. De l’intimité du plateau à l’ambition des formats audiovisuels, je cherche toujours à créer des histoires singulières, portées par des voix fortes et la sincérité du regard.
Je vous propose d'être acteur et actrice de la naissance de mon livre en m'aidant à faire de sa parution prochaine, avec les Editions Maïa, un succès. Plus les préventes seront nombreuses, plus mon livre sera promu et diffusé. En retour, vous serez présents dans le livre en page de remerciements et vous recevrez le livre en avant-première, frais de port inclus !
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Auteur de fictions (séries, unitaires) et de documentaires, je m’évertue à façonner des récits poignants et ancrés dans le réel, tout en explorant la richesse de l’imaginaire.
Également passionné par le spectacle vivant et le théâtre, je m’impose d’insuffler à ma plume l’énergie de la scène, accordant une attention toute particulière au rythme, au texte incarné et à la puissance émotionnelle des personnages.

La pièce, librement inspirée d’un fait réel jamais révélé à la presse, que m’a confié Monsieur Jean-Louis DEBRE, aujourd’hui disparu, nous plonge en 2009, dans un huis-clos contraint par un violent incident de séance au Conseil Constitutionnel, entre deux membres de l’institution, anciens Présidents de la République, Valéry Giscard d’Estaing et Jacques CHIRAC.
Duel verbal en perspective à la fois feutrée, mais destructeur, digne de celui de Fouché et Talleyrand dans la pièce « le Souper » de Jean-Claude BRISVILLE, durant lequel ils vont s’affronter. Vont-ils enfin régler leur lourd passif de 50 ans, à la fois politique mais surtout personnel ?
L’occasion également de nous plonger, par leur prisme, dans les coulisses d’événements politiques majeurs que les « meilleurs ennemis de la Vème République » ont traversé, et plus légèrement, dans une atmosphère plus apaisée, d’en apprendre un peu plus sur leur deuxième passion après la politique ou première selon l’un d’eux, l’amour, les femmes....

Un instant, les deux hommes s’observent sans mot dire. Si Jacques CHIRAC esquisse son sourire en coin de satisfaction, VGE semble plongé dans une profonde réflexion.
JACQUES CHIRAC (contemplatif)
Nous avons eu beaucoup de chance tous les deux.
VGE (surpris)
Pourquoi donc ?
JACQUES CHIRAC
Avoir eu comme mentor Georges Pompidou. (ému) je ne serais pas tout à fait celui que je suis devenu si la vie ne m’avait réservé la grâce d’une rencontre qui m’a enrichi et révélé à moi-même. Plus encore qu’un père spirituel il a représenté pour moi un modèle, une référence supérieure qui n’a cessé de m’inspirer.
VGE
Il a surtout été votre mentor
JACQUES CHIRAC (œil brillant)
Pourtant à mes débuts, il n’a pas été si mentor que ça... Avril 1967 ... Je m’en souviens comme si c’était hier... Jeune chargé de mission, j’étais sur les marches de Matignon, peut-être un peu trop près de lui... Il a lancé à la cantonade « Chirac, je vous ai réservé un strapontin, mais ne vous prenez surtout pas pour un ministre »
VGE (débit lent)
Beaucoup trop près de lui, j’y étais... Cette obsession que vous aviez de le marquer continuellement au train... Quitte à bousculer le 1er cercle de ses ministres... À l’affût même de la caméra ou du photographe qui immortaliserait cette mise en scène à votre avantage.
JACQUES CHIRAC (sec)
Détrompez-vous, je ne me suis jamais comporté comme une midinette... Je souhaitais juste m’imprégner au plus près, de l’homme intelligent, cultivé, clairvoyant et profondément gentil qu’il était.
VGE (œil brillant)
Et sa voix au timbre grave, rocailleuse et chaleureuse lorsqu’il me réclamait des notes sur le projet de loi des finances... Son regard sous le sourcil en bataille à la fois scrutateur et profondément bienveillant lorsque nous nous entretenions de la rigueur budgétaire... Un ravissement
JACQUES CHIRAC
Là, pour le coup, j’ai l’impression d’entendre une véritable midinette évoquant son chanteur de variété préféré... Vous m’avez pourtant affirmé qu’il n’avait jamais été votre mentor... Menteur (éclate de rire)
VGE (sec)
Mon mentor en politique a toujours été le Général De Gaulle
JACQUES CHIRAC
Pourquoi réagir aussi abruptement... Cela sonne faux... C’est comme si vous me disiez que l’eau mouille... Tous les politiques de la droite classique de notre génération se sont inspirés du gaullisme, moi-même y compris Georges Pompidou... Pourquoi ne pas briser l’armure et admettre un lien de cœur avec ce dernier VGE, contrarié se lève de son fauteuil en grommelant pour prendre sa place protocolaire autour de la table des délibérations.
VGE (sec)
Ne vous aventurez pas dans une quelconque psychanalyse de bazar me concernant... Je ne serai jamais votre patient... Vous étiez certes plus pompidolien que gaulliste mais surtout plus ambitieux que pompidolien.
JACQUES CHIRAC
C’est bien ce que je disais... Vous vous réclamez de l’héritage politique et affectif de Georges Pompidou en m’accusant d’en être l’imposteur.
VGE (sec)
Vous étiez le dernier arrivé et déjà le fils préféré... Pour être franc, je n’ai jamais soufflé à l’oreille de Georges Pompidou votre nom pour que vous intégriez mon cabinet du Ministère de Finances... (dépité) C’est lui qui vous a imposé.
JACQUES CHIRAC (sec)
Peu importe la façon dont cela s’est fait... (calme) vous étiez un autre modèle dont j’admirais l’intelligence, l’allure, le style oratoire et l’élocution... Je me suis même surpris à prendre certaines de vos postures.
VGE
Je vous remercie... C’est flatteur (fataliste)... Votre intimité avec Georges Pompidou a puisé ses racines dans la terre Limousine que vous aviez en commun et vous avez été accueilli dans le sérail présidentiel par un autre limousin d’origine, Pierre Juillet, son meilleur confident mais mon pire ennemi.
JACQUES CHIRAC (doux)
Georges Pompidou nous aimait tous les deux... (fort) sa jeune garde, ses jeunes loups, une meute de jeunes énarques qu’il a envoyé à l’assaut des bastions que l’opposition tenait solidement dans le Massif Central et que nous avions réussi à ravir !
VGE (désabusé)
Je n’ai jamais fait partie de cette meute.
JACQUES CHIRAC (sec)
Parce que vous l’aviez décidé
VGE (débit lent avec émotion)
Je me sentais plus rassuré à ses côtés, heureux, utile en tant que Ministre des Finances... (dépit) enfin je le pensais. Il a souhaité que vous me rejoigniez comme secrétaire d’État pour m’aider à impulser la rigueur budgétaire nécessaire... Je l’ai ressenti comme un désaveu... Cela m’a beaucoup meurtri car j’avais la compétence pour le faire seul.
JACQUES CHIRAC (ferme)
Je vous ai servi avec loyauté et dévouement.
VGE se lève à nouveau de son siège en contenant une colère qu’il parvient difficilement à canaliser. Il fait quelques pas le long de la rampe puis rejoint Jacques CHIRAC toujours assis, serein, dans son fauteuil à qui il fait face debout comme pour mieux le dominer.
VGE (très froids en désignant du doigt Jacques Chirac)
Il ne parlait que de vous lorsque j’essayais d’évoquer des sujets personnels, parfois douloureux me concernant... Politiquement et (triste) humainement, il m’a laissé sur le côté pour vous construire une stature d’homme d’État.
JACQUES CHIRAC (énervé)
Je me la suis érigée tout seul !
VGE (plus fort toujours en le désignant du doigt)
Faux, il vous a nommé Ministre délégué aux relations avec le Parlement pour que vous puissiez tisser votre réseau au sein de la droite gaulliste puis vous a offert le Ministère de l’Agriculture pour parfaire votre voracité... (dépité) je souhaitais le Ministère de l’Intérieur, il vous l’a donné parce qu’il voulait un homme sûr pour préparer ses élections présidentielles.
JACQUES CHIRAC (ému)
Il était affaibli... Mourant... Se savait condamné... Il avait besoin de nous deux pour incarner son héritage politique.
VGE, éprouvé, s’assoit sur le fauteuil qui fait face à celui de Jacques CHIRAC. Un lourd silence s’installe entre les deux hommes puis...
VGE (ému)
Il n’avait besoin que de vous... Son dernier conseil de ministre a été un calvaire... Il a tenté de faire bonne figure en dissimulant ses souffrances... Personne n’était dupe... Sauf moi, j’ai développé un déni de la gravité de sa maladie par refus de voir disparaître cette figure tutélaire mais certains ont pensé que j’étais indifférent, que mon cœur était froid.
JACQUES CHIRAC (désolé)
Je faisais partie de ceux-là... (ému) À aucun prix il ne voulait étaler sa faiblesse.... Rappelez-vous, à la fin de ce conseil, il nous a demandés avec élégance de ne pas attendre qu’il soit levé parce qu’il ne voulait pas nous infliger sa souffrance à le faire tout seul... Il nous a proposé de partir les premiers...
VGE
Pourtant je me souviens qu’il vous avait demandé de rester (meurtri)... Vous seul
JACQUES CHIRAC (embarrassé, se force à se souvenir)
Je... Vous êtes sûr ?
VGE (rancœur)
Certain...J’étais inquiet pour sa santé... J’ai fait demi-tour et je vous ai surpris sans que vous ne vous en aperceviez à l’aider à se lever et à se mouvoir... Il y avait à la fois de la délicatesse, de l’amour dans vos gestes, et lui dont la souffrance avait défiguré son visage, semblait tout d’un coup apaisé. Je me suis discrètement retiré car je me suis senti définitivement renié... (triste) il avait choisi son fils....
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